Losers-nés

L
Elvin Post

Losers-nés

Pays Bas (2007) – Seuil (2011)

Titre original : .
Traduit par Hubert Galle

Ancien guetteur de corner reconvertit dans la vente de vieux journaux sur les trottoirs de Manhattan, Romeo tombe amoureux d'une cliente très classe. Son frère Russ continue, lui, de dealer pour Sean Withers. En pleine réussite professionnelle, ce dernier se laisse déborder par ses soldats, puis par sa compagne Vivian et enfin par Troy qui va tout faire pour prendre sa place.

Dans la carte postale qu'il m'adresse depuis New York City, Elvin Post dit : « Je pensais écrire un livre sur les rues de New York et les dealers, mais en fait, j'ai écrit un livre sur moi et sur la (ma ?) naïveté ». [1]

Ceci explique bien évidemment une grande partie de mon malentendu avec Losers-nés, roman gentillet annoncé dans la catégorie polars du Seuil et qui n'est, en fait, qu'une chronique écrite de loin sur un thème mille fois abordé tous médias confondus (le trafic de drogue côté rue), couplé à une histoire d'amour impossible (le ver de terre amoureux d'une étoile), avec un focus touristico-romanesque sur la profession de vendeur de livres de rue à New York City (l'équivalent des bouquinistes parisiens).

Ce cocktail qui aurait pu être original est servi par des personnages sans relief, croisés déjà si souvent et en mieux cernés par d'autres qu'ils font ici un peu misérables. L'auteur ne choisissant pas vraiment entre drôle ou tragique pour narrer la chute de la maison Withers [2], c'est le côté midinette de Romeo et de Vivian (et donc l'aspect “ naïf ” du roman) qui s'impose, rendant tout à fait insipide la guerre sanglante qui oppose Troy et Sean et la paranoïa de celui-ci. Quelques jolies observations ça et là ne peuvent racheter le terne douceâtre de l'ensemble.

Comme dans le livre précédemment publié d'Elvin Post, je peine sincèrement à voir dans Losers-nés la marque d'une écriture forte, drôle, différente. Petit roman sans importance. (en librairie le 28 avril 2011)

Chroniqué par Philippe Cottet le 23/04/2011



Notes :

[1] Déclaration de l'auteur sur la jaquette du roman, adaptée par mes soins.

[2] Rappelons que rares sont les auteurs, et surtout dans cette génération, à être capable de passer de l'un à l'autre sans être totalement ridicules.

Illustration de cette page : Vendeurs de livres d'occasion dans les rues de New York City

Musique écoutée pendant l'élaboration de cette note : Même pas eu le temps de mettre quelque chose sur la platine.