Faux et usage de faux

F
Elvin Post

Faux et usage de faux

Pays Bas (2010) – Seuil (2010)


Une équipe de voleurs de tableaux, travaillant sur commande pour un mystérieux italien qui se révélera être un mafioso dépressif, s'empare d'un fabuleux butin dans un musée de Boston, alors que la ville fête la victoire de son équipe de base-ball aux World Series.

Comme un chat qui tomberait du huitième étage, tournerait une dizaine de fois sur lui-même avant de retomber droit sur ses pattes, l'équipe qui dévalise ce musée de Boston doit s'adapter à une succession de coups du sort que le très professionnel Bloom ne pouvait guère prévoir. Quelques partenaires non-invités plus tard, le résultat pour les complices reste le même : comment se débarrasser des toiles volées et, question subsidiaire, comment réussir à garder tout pour soi ?

Mettant ses pas dans ceux de ces escrocs tantôt naïfs, tantôt roublards, Elvin Post introduit son lecteur dans le monde très particulier des collectionneurs et des voleurs d'œuvres d'art qui alimentent leur obsession. On ne peut pas dire que celui-ci soit inconnu, pas plus que celui du mafieux dépressif et de ses hommes de main incultes et stupides, mais on est loin des Soprano tout de même.

Malgré l'avalanche de cadavres, l'histoire est finalement plutôt morale : les trés méchants n'ont que ce qu'ils méritent, la princesse épouse le berger et ce dernier voit son œuvre reconnue, même anonymement. Faux et usage de faux est loin d'être le roman de l'année, mais il se laisse lire à défaut d'autre chose.

Chroniqué par Philippe Cottet le 24/02/2010