Silence

S
Thomas Perry

Silence

États-Unis (2007) – Seuil (2010)

Titre original : Silence
Traduction de Marie-France de Paloméra

Six ans auparavant, Jack Till – ancien flic du LAPD devenu détective privé – a aidé Wendy Harper à échapper à un tueur en disparaissant sans laisser de traces. L'associée de cette dernière est désormais accusé de l'avoir tuée et Jack doit retrouver la jeune femme et la ramener à Los Angeles, un couple d'assassins à leurs trousses.

Silence est le livre de plage idéal, après un barbecue fortement arrosé.

Ici, pas d'enjeux de style ou d'histoire. Écriture sans un poil de graisse, zéro défaut dans la glace et pas de réelle saveur. Un équilibre voulu, madame-monsieur. De la romance (Jack et Wendy qui s'attirent, Paul et Sylvie qui se désunissent), du cul aseptisé (la tueuse est une ancienne actrice porno), de l'émotion (Jack Till est le papa d'une gentille trisomique qui l'aime très fort), encore de l'émotion (Sylvie Turner est une quadragénaire terrorisée par la vieillesse) et quelques scènes d'action où l'on verra évoqués modèles de voitures ou d'armes à feu.

Côté intrigue Jack et Wendy, Silence fait vaguement penser à The Gauntlet, le film de 1977 dans lequel Clint Eastwood, poursuivi par des tueurs, ramenait Sondra Locke pour qu'elle témoigne contre un grossium. Concernant la méfiance s'installant dans le couple Turner – bien que personnages secondaires, Paul et Sylvie sont les véritables héros du roman –, on songe au génial Gateway de Thompson. Mais les nuances d'écriture de Big Jim ont laissé place à la lourdeur descriptive et insipide de Perry revenant en détail sur le passé de ses tueurs. On aimerait, par moments, que le romancier nous surprenne, mais il faudrait qu'il bouscule son plan de travail et les attentes supposées de son lectorat habituel, alors il s'abstient. Les petits rebondissements finaux sont comme des hoquets troublant une sieste méritée, on n'y fait pas vraiment attention.

On se dit qu'on aurait pu tomber sur pire que Silence. On sait aussi qu'on peut lire bien meilleur.

Chroniqué par Philippe Cottet le 05/06/2010



Musique écoutée pendant l'élaboration de cette note :
Second Winter de Johnny Winter (1969).