L'étoile du Diable

L
Jo Nesbø

L'étoile du Diable

Norvège (2003) – Gallimard Série Noire (2006)

Titre original : Marekors

La canicule qui s'abat sur Oslo semble inspirer un tueur en série, obligeant les deux flics ennemis Waaler et Hole à collaborer. Harry doit non seulement surmonter sa répugnance à travailler avec l'homme qu'il soupçonne d'être derrière le meurtre d'Ellen mais aussi sortir la tête du trou où l'a de nouveau conduit son alcoolisme suicidaire. Démissionnaire, Harry Hole ira cependant jusqu'au bout de cette enquête et de sa confrontation avec l'homme qui se fait appeler Prinsen.

Comme dans le roman précédent, L'Étoile du Diable nous met face à une vengeance et à une machination complexe que seule la sagacité retrouvée d'Harry Hole va permettre de résoudre.

jo nesbo - l'étoile du diableEst-ce le fait que tant et tant de films, livres, séries ont déjà abordé ces thèmes ? On peut rapidement anticiper certaines choses (la projection pentagrammique sur la ville, la trop grande théâtralité des meurtres) et avoir plus que des doutes devant d'autres (la non découverte du corps de Lisbeth dans le premier temps de l'enquête, l'indice permettant de confondre le meurtrier).

C'est vrai que Nesbø laisse suffisamment de fausses pistes pour que nous puissions être abusés en même temps que son héros, le temps de la lecture de cette Étoile du Diable. Mais, à l'exception des premières pages du roman (qui montrent que l'auteur pourrait sans doute écrire des choses moins convenues que ses polars), cette histoire criminelle possède un parfum éventé de déjà lu et/ou de déjà vu.

Prometteur lors de son apparition dans Rouge-gorge, le personnage de Waaler ne dépasse finalement pas celui de faire-valoir d'un Harry Hole à la victoire annoncée. Si Nesbø joue parfaitement sur la fragilité de son flic dévoré par son addiction alcoolique et sur l'avantage momentané qu'en tire son ennemi, ce n'est pas plus intéressant que cela, sans doute parce que le côté manipulateur et la férocité entrevue de Prinsen ne pouvait s'appliquer qu'aux personnages secondaires du cycle, pas à son héros.

Dès lors le final, haletant, trash mais aussi très conventionnel, me confirme qu'il y a des choses plus urgentes à lire que les romans – divertissants, mais sans enjeux – de Jo Nesbø.

Chroniqué par Philippe Cottet le 25/11/2007



Illustration de cette page : Parc Frogner, Oslo

Musique écoutée pendant l'élaboration de cette note : Chappaqua Suite d'Ornette Coleman (1966)