7 jours

7
Deon Meyer

7 jours

Afrique du Sud (2012) – Seuil (2013)


Traduction d'Estelle Roudet

Un sniper prend pour cibles des policiers. Il dit avoir pour objectif de faire éclater la vérité autour de la mort de Hanneke Sloet, une juriste assassinée chez elle, meurtre pour lequel une première enquête n'a rien donné. L'Afrikaner Benny Griessel est chargé des nouvelles investigations tandis que la Zouloue Mbali Kaleni tentera de mettre la main sur le tireur.

Je ne sais pas si nous aurons un été, mais les gros pavés qui feront la joie des vacanciers durant leurs heures de farniente commencent à montrer leurs couvertures. De Deon Meyer, j'avais chroniqué ici le roman 13 jours, suspense assez réussi qui possédait un arrière-plan plutôt intéressant sur la place de chacun dans la nouvelle Afrique du Sud. Je n'avais pas eu la chance de lire le suivant, À la trace [1], mais je devrai y remédier dans les prochains jours.

7 jours de Deon MyerEn reprenant les mêmes personnages que dans 13 heures et en conservant le côté parfaitement bien huilé de l'enquête policière enfermée dans un délai temporel, 7 jours est une grosse machine, efficace et tout à fait convenue.

La sensation de déjà-lu est réduite par le fait que nous nous trouvons dans la ville du Cap et que des expressions des différentes langues du pays arc-en-ciel ont résisté à la traduction pour en garantir l'exotisme. L'affairisme et la corruption placés par Meyer en toile de fond laissent entrevoir des cercles de pouvoir dont on aurait pu espérer qu'ils soient – compte tenu de leur lutte contre l'apartheid – plus vertueux. Mais les pratiques des banques, des cabinets d'avocats, des intermédiaires financiers, des grandes compagnies minières pour faire main basse sur des pans entiers de l'économie et recycler l'argent sale, sont devenues des méthodes mondialisées dont nous sommes – par la fiction ou la réalité – de plus en plus prévenus.

7 jours permet cependant de faire évoluer le personnage de Benny Griessel, cheval de retour dépassé par l'irruption de l'informatique ou des nouvelles techniques de recherche de preuves, qui mettent à mal l'intuition qui était, avec son acharnement au travail, son seul atout d'enquêteur. Pour l'instant abstinent, il doit tenter de retrouver confiance et estime de soi sans la béquille de l'alcool alors même que la femme dont il est amoureux, et qui se présente un peu comme son double talentueux, replonge dans le gin pour vaincre son trac avant de remonter sur scène.

Ni mauvais ni réellement transcendant, 7 jours est un roman d'attente pour des personnages que l'on devrait sans doute retrouver prochainement sous la plume de Deon Meyer (en librairie le 17 mai 2013).

Chroniqué par Philippe Cottet le 25/05/2013



Note :

[1] Les 700 pages et l'épaisseur de À la trace avaient dû contrarier le coursier qui détruit avec beaucoup d'application ma boite aux lettres pour y enfourner pliés dans tous les sens les romans que l'on m'envoie. De là à penser que je n'entre jamais en possession de ceux ne pouvant subir ce sort est un pas que je me permets de franchir.

Illustration de cette page : La chanteuse Lise Beekman, que rencontre Griessel

Musique écoutée pendant l'élaboration de cette note : Coltrane Jazz de John Coltrane (1960)