Double meurtre à Borodi Lane

D
Jonathan Kellerman

Double meurtre à Borodi Lane

États-Unis (2009) – Seuil (2012)

Titre original : Evidence
Traduction de Frédéric Grellier

Un couple en position coïtale est retrouvé dans une vaste maison en construction d'un quartier chic de L.A. Lui a reçu une balle dans la tête, elle a été étranglée et cette macabre mise en scène laisse supposer d'étranges motivations pour le ou les tueurs.

Double meurtre à Borodi Lane est le 24ème roman de Jonathan Kellerman, mettant en scène le lieutenant de police Milo Sturgis et le Dr Alex Delaware, consultant du L.A.P.D. Cette longévité signifie que Kellerman a fédéré, autour de son duo, un public fidèle et qu'il sait proposer, pour le conserver, des récits comportant un équilibre raisonnable entre nouveauté et itération, cette dernière étant le lot de toutes les séries à héros récurrents.

Les polars de Kellerman tournent autour d'une paire aisément identifiable, un flic direct et caustique, parfois brusque, gros mangeur et homosexuel et un psychologue plus subtil et discret, apte à fouiller les âmes et les tares des Angelitos. Leur évidente complémentarité permet au romancier d'aborder des affaires assez différentes, seule possibilité pour varier les histoires d'un roman l'autre et éviter la monotonie. En privilégiant l'un des personnages, il peut proposer un récit plus psychologique ou plus procedural, sachant qu'il n'y a guère de mystère au final : les méchants sont toujours punis.

Dans Double meurtre à Borodi Lane, c'est Milo Sturgis qui tient le haut de l'affiche, sur fond d'écoterrorisme, alors qu'Alex Delaware se montre décisif, mais très discret. Dans une histoire sans grande surprise ni intérêt, quelques jugements acides du policier sur ses concitoyens ou l'architecture contemporaine font mouche. Les seconds rôles qu'aime à développer Kellerman, souvent la partie la moins convenue de son travail, sont ici tout à fait quelconques.

Si vous n'êtes pas fan, Double meurtre à Borodi Lane – gros roman très proche d'un cop show télévisé moyen – se lit et s'oublie rapidement.

Chroniqué par Philippe Cottet le 19/03/2012



Rien ?