Du son sur les murs

D
Frantz Delplanque

Du son sur les murs

France (2011) – Seuil (2011)


Retraité du crime, Jon Ayaramandi vivait une existence plutôt pépère du côté de Lagos. Jusqu'à ce qu'il croise, au PMU du coin, Burger, un de ses anciens partenaires et que disparaisse le même jour Al, un pêcheur boiteux dont était tombée amoureuse Perle, jeune femme rencontrée quelques années auparavant et devenue comme sa fille. De quoi repartir sur le sentier de la guerre.

Fantaisie criminelle, Du son sur les murs raconte la folle épopée d'un vieux tueur à gages qui coulait une retraite paisible dans une station balnéaire assoupie de la côte basque et que son passé rattrape.

À 60 ans révolus et trente-six meurtres pour le compte de Marconi plus tard, Jon avait pourtant réussi sa reconversion. Sans vie sociale durant plus de quarante ans du fait de sa profession, il avait renoué avec l'existence, composant autour de Perle et de sa petite Luna, l'univers familier et aimant qui lui avait toujours manqué. Avec Jean-Luc, le patron du Cap'tain Bar, il partageait un intérêt dévorant pour la musique. Le voilà même qui redécouvre l'amour avec Louise, la jolie quadragénaire solitaire qui préfére le baroque au rock garage et qui sait comment ranimer la flamme vacillante de son désir “ sexagêné ”. Seul Al, pêcheur boiteux et mystérieux, restait à la lisière de son monde, jusqu'à ce que Perle en tombe follement amoureuse et qu'il disparaisse.

Au rythme de références musicales omniprésentes, qui justifient parfaitement le titre du roman et feront certainement plaisir à mon confrère Christophe Bender [1], Jon Ayaramandi part donc à la recherche d'un homme qu'il pense déjà mort. C'est à dire plutôt mollement, s'imbibant de bar en bar tout en nous racontant, de façon alerte et drôle, son fabuleux destin de tueurs à gages.

Avec des chapitres compacts, aux dialogues percutants et plutôt bien enlevés, Frantz Delplanque construit une intrigue goûteuse et compliquée qui n'a pas forcément de réelle importance, car le roman vaut surtout par les personnages qui y sont croqués et, en premier lieu, son vieux tueur, toujours alerte pour dézinguer les importuns. Du son sur les murs représente un bel écrin pour ce personnage menteur, intraitable, affectueux, amoureux, intrépide, inconscient et fidèle. De quoi ne pas s'ennuyer dans un roman agréable, mais finalement plutôt court en bouche (en librairie le 13 octobre 2011).

Chroniqué par Philippe Cottet le 15/11/2011



Notes :

[1] Christophe anime le blog Noirs desseins et est un amateur averti de rock garage et de punk.

Illustrations de cette page : Pêcheur devant l'océan

Musique écoutée pendant l'élaboration de cette note : Fresh Fruit for Rotting Vegetables des Dead Kennedys (Cleopatra - 1980)