Le roi du macadam

L
Charlie Williams

Le roi du macadam

Royaume-Uni (2006) – Série Noire Gallimard (2009)


Traduction de Thierry Marignac

Après quatre années en hôpital psychiatrique, Royston Blacke retrouve Mangel...

Dans Le roi du macadam, le plus célèbre et le plus chtarbé des fils de Mangel est de retour chez lui, la tête pleine de délires sur sa paternité, sur sa nouvelle vie loin des bastons et, un peu plus tard, sur les mérites respectifs d'une Granada V6 par rapport à sa Capri ou la Viva de l'autre naze, celui qui lui a piqué sa femme et sa maison.

L'hosto lui a pas fait que du bien à Blackey, mais il faut dire aussi que Mangel n'est plus Mangel. La maison est toujours debout mais Sal et Royston junior n'y sont pas. Pire, tous les lieux d'aisance de l'ancien videur ont disparu, y compris et surtout le Hoppers, sa caverne, son axis mundi, désormais habillé du béton d'un immense centre commercial. Mangel s'ouvre à l'extérieur, Mangel se banalise mais un Le roi du macadam Ford capri paquet de gens refusent le changement, et ces gens-là prient pour le retour de Blackey, le connard le plus dément de cette ville de malades dont ils parlent désormais comme de l'Élu.

Facile alors pour Royston Blacke de retrouver ses mauvaises habitudes : confiance en lui exagérée, cassages de gueules et plus si affinités. Également désiré par le directeur du Centre commercial et par une bande de malfrats que fréquente sa copine Rache – ex barmaid du Hoppers et, à ses yeux, nouvelle future épouse de sa nouvelle future vie de cadre supérieur –, l'ancien videur mélange un peu tout dans sa tête ce qui conduit au pire massacre jamais connu par Mangel.

Charlie Williams joue sur du velours avec un tel monstre lâché dans le vie des honnêtes (et moins honnêtes) gens, parce que gaffes et baffes sont parties intégrantes de son homme des cavernes. Il nous en apprend un peu plus, via les dialogues entre le Doc et Blackey, sur les évènements ayant conduit Le roi du macadam dans l'enfer stupide de sa propre vie, la violence de son vieux ou les meurtres de sa parentèle. Cela ne change pas grand chose à sa trajectoire où s'entasse les cadavres...

Divertissement violent, Le roi du macadam réserve une alternance de moments grotesques et de scènes réussies d'action (la poursuite dans la maison, l'attaque du Centre Porter) tels que perçus par le cerveau dérangé et chaotique de Blackey, dans une langue brute de rue plutôt pas mal rendue par la traduction de Thierry Marignac.

Chroniqué par Philippe Cottet le 08/07/2009



Illustration de cette page : Ford Capri

Musique écoutée pendant l'élaboration de cette note : Era Vulgaris de Queens of the Stone Age (2008)