Le défoncé

L
Richard Stark

Le défoncé

États-Unis (1971) – Série Noire Gallimard (1971)

Titre original : Deadly edge
Traduction de S. Helling

Après le braquage rondement mené d'une salle de spectacles, Parker et ses complices trouvent dans leur retraite le cadavre du truand qui devait compléter leur équipe et s'était finalement dégonflé. Rejoignant la maison que Claire vient d'acheter dans le New Jersey, Parker reçoit un coup de téléphone inquiétant d'Handy McKay.

Connu également comme Parker sonne l'hallali, Le défoncé est un roman extrêmement violent, sans la moindre respiration ni un seul trait d'humour.

Même s'il est efficace – et comme souvent commis sans trop de brutalités – le braquage, qui occupe le premier quart du livre, est terriblement tendu. La faute d'abord à Keegan, petit homme nerveux et pessimiste pour qui rien ne va jamais, et qui semble poisser l'atmosphère entre les équipiers. On peut y ajouter les imprécations des agents de sécurité piégés par Parker, qui sonnent vraiment comme une malédiction dont le cadavre du vieux Berridge serait la première étape.

Stark n'accorde que quelques pages de détente à son héros, dans ses retrouvailles avec Claire Willis et la découverte d'une demeure pour laquelle il n'a que peu d'intérêt, contrairement à la jeune femme. La maladresse de McKay qui l'oblige à s'éloigner pour retrouver, d'abord le cadavre sauvagement torturé de Keegan puis Briley mourant, laisse Claire à la merci de ses poursuivants.

Piégée dans une maison qu'elle n'a pas voulu quitter afin de mieux montrer le contrôle qu'elle entendait avoir sur sa vie, Claire fait face à deux êtres sans scrupules et sans morale dont le plus jeune, Manny, en permanence défoncé, se révèle cruellement imprévisible. Le meurtre de Morris est proprement bestial, l'attaque nocturne de Claire réfugiée dans sa chambre digne des meilleurs slashers de ces années 70.

C'est donc avec plaisir et soulagement que le lecteur verra Parker investir les lieux pour délivrer son amie, puis traquer les deux assassins avant de les éloigner de Claire, pour un affrontement final qui clôturera dans le sang et la paix retrouvée Le défoncé. Deux heures de lecture fortes et éprouvantes.

Chroniqué par Philippe Cottet le 03/09/2011



Illustrations de cette page : Détail de la couverture d'une édition anglaise de Deadly edge