Flashfire

F
Richard Stark

Flashfire

États-Unis (2000) – Rivages (2004)


Traduction de Marie-Caroline Aubert

Monté sur un braquage avec un trio d'inconnus, Parker se voit proposer de participer à un vol de bijoux à Palm Beach en échange de sa part du butin actuel. Il refuse. Les truands ayant absolument besoin de tout l'argent, ils ne lui laisse qu'une poignée de dollars en lui promettant qu'ils le paieront avec le fruit du prochain coup. Mais arnaquer ainsi Parker, c'est comme vouloir tricher avec la Mort.

Après presque trente ans d'inactivité, Parker, voleur et tueur implacable (qui était un peu la face sombre de John Dortmunder, autre monte-en-l'air du romancier, celui-là drôle et malchanceux) était ressorti du placard par Richard Stark, pour une série de cinq romans dont les titres s'emboitaient ou se répondaient et qui revisitaient les grands thèmes des romans de truands.

Flashfire est le troisième de cette série. Palm Beach, situé sur la côte est de la Floride, est une île reliée au continent par trois ponts enjambant une étendue d'eau connue sous le nom de Lake Worth. La richesse représentée, durant la saison, par toute cette bande de oisifs – seules les fortunes héritées y sont vraiment légitimes – agit comme un aimant sur tous les truands. Sauf évidemment Parker, qui sait qu'il suffit à la très abondante police locale de boucler l'accès aux trois ponts pour que n'importe quel malfrat se retrouve coincé dans la nasse.

L'inquiétant truand de Richard Stark a une bonne raison de tenter l'aventure : la trahison d'anciens complices, suffisamment bons pour réussir, et de façon spectaculaire, leur coup, mais pas assez pour résister à sa vengeance. Celle-ci va se dérouler implacablement – Parker réussissant toujours ce qu'il entreprend –, même avec les deux difficultés que l'auteur va placer en travers de son chemin : une femme de Palm Beach qui, ayant deviné son manège, entend bien en tirer profit et une bande de tueurs lancée à sa poursuite sur un malentendu.

Comme tous les récits mettant en scène Parker, l'ambiance ici est dure et glaciale, malgré l'amusante description que fait Stark de cette bonne société, dominée par ces femmes emperlousées et vaniteuses. Flashfire est un roman vif et efficace, où l'on ne s'ennuie jamais, mais pas forcément le plus intéressant de ce revival.

Chroniqué par Philippe Cottet le 12/08/2011



Illustration de cette page : Une maison à 10 millions de dollars à Palm Beach