Petits crimes japonais

P
Nishimura Kyôtarô

Petits crimes japonais

Japon (1978) – Rivages (1995)


Métro à gogo : Un homme ordinaire, fasciné par les pickpockets du métro, perd son travail et son épouse. Les « bonnes œuvres » de l'agent Shibata : Un agent de police serviable améliore sa notation en mettant en prison des clochards volontaires. L'amour du prochain : Une jeune femme demande à un médecin de l'aider à soutenir le moral d'un voisin, vieillard dépressif. Le jeu de la charité : Un nouveau riche apprend d'un vieillard comment il convient de pratiquer la charité. Les pigeons : Les pigeons du temple Sensoji meurent de bien étrange façon. L'invitation au meurtre : L'assassinat est-il la plus grande sensation qu'un homme puisse éprouver ? L'homme qui venait d'Andromède : Un étrange et sympathique alien s'empare des objets les plus précieux des habitants du quartier chic de Tokyo. Le maître chanteur bienveillant : Un barbier ayant accidentellement tué une fillette et s'étant enfui est menacé par un maître chanteur ayant vu l'accident.

Huit miniatures de saveurs différentes et de qualité à peu près égale, qui se déclinent sur un mode plutôt drôle et cruel et dont la perception par le lecteur est entièrement modifiée dans les dernières lignes du récit.

petits crimes japonaisA ce jeu Métro à gogo, qui cache obstinément son retournement pour ne se révéler que dans le dernier sourire de l'homme assassiné semble la nouvelle la plus inattendue. L'amour du prochain nous abuse tout du long et surprend par sa fin à double détente. Le jeu de la charité, cruelle épreuve initiatique du personnage et du lecteur possède une jolie conclusion philosophique.

Plus classique, L'invitation au meurtre est toutefois très efficace tandis que L'homme qui venait d'Andromède est la plus étrange, mais sa fin aurait mérité l'ellipse plutôt que cette conclusion un peu forcée. Enfin, Le maître chanteur bienveillant semble rassembler les qualités de toutes les autres nouvelles en imposant un climat inquiétant et d'une violence sourde pour s'achever sur une douce lueur d'humanité.

Économie de moyens et élégance pour des Petits crimes japonais recommandables.

Chroniqué par Philippe Cottet le 01/07/2009



Illustration de cette page : Pickpocket