Les roses noires de la Seine-et-Marne

L
Pierre Lepère

Les roses noires de la Seine-et-Marne

France (2015) – La Différence (2015)

Titre original : Les roses noires de la Seine-et-Marne
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Dans la ville de Crayencour déchirée par un conflit entre le maire et son adjoint, le chef de la police municipale ami des deux est assassiné. Pendant ce temps, la mafia russe entend prendre les commandes du bordel local tandis que les services secrets français s'agitent dans l'ombre.

Poète et romancier multiédité, Pierre Lepère a donc commis Les roses noires de la Seine-et-Marne, second roman inaugural de la collection qu'entendent consacrer au noir et au policier les éditions de la Différence.

Pour le lecteur habitué du genre, Les roses noires de la Seine-et-Marne passe, au mieux, pour un catalogue de clichés, pris très au sérieux et superficiellement mis en scène par l'auteur, dans lequel on retrouve : un musulman illuminé prêchant la vengeance, un policier municipal jaloux, un autre habité par les gênes d'un ancêtre tueur de masse, une ressortissante de l'Est sauvée de la prostitution, une maquerelle bonne avec ses filles, un claque à vendre, un oligarque russe en exil prêt à le racheter pour blanchir des fonds douteux, un courageux journaliste local dévoilant scandale sur scandale, une veuve douloureuse et admirable, deux amis politiques qui désormais se haïssent, un assassin des services secrets, un truand russe brillant ingénieur, une collection d'armes anciennes et rares, etc., mais, curieusement, pas de raton laveur.

Les roses noires de la Seine-et-Marne est l'exemple même de la gentrification d'un genre littéraire qui ne demandait rien, et surtout pas cela. C'est évidemment proprement écrit, cela y va de ses petites allusions sur cette société malade – justice aux ordres, magouilles affairistes des politiques –, mais c'est aussi pertinent et dénonciateur sur le sujet que l'édition locale du Parisien. Tout sauf l'écriture dérangeante qu'aurait pu valoir le sujet.

Salué par une chroniqueuse – qui n'a pas dû lire grand-chose dans le genre – pour la psychologie (des plus sommaires) de ses personnages et sa touche poétique grâce auxquelles « le roman policier sort du purgatoire qui l’assimilait souvent à un sous genre. » [1], Les roses noires de la Seine-et-Marne est une petite chose fade, plutôt ridicule et parfaitement insignifiante.

Chroniqué par Philippe Cottet le 15/03/2015



Notes :

[1] « Son écriture poétique est saupoudrée à bon escient de quelques mots familiers, argotiques créant une illusion de réel. » Ma chère...

La chronique d'Annie Forest-Abou Mansour sur Les roses noires de la Seine-et Marne est un régal, parfaite illustration de cette gentrification.

Illustration de cette page : Membre de la mafia russe

Musique écoutée pendant l'élaboration de cette note : Le silence