La Poisse

L
Leena Lehtolainen

La Poisse

Finlande (1994) – Gaia (2006)

Titre original : Harmin paikka
Traduction de Véronique Minder

Ancienne inspectrice de police devenue avocate, Maria Kallio doit assurer la défense de Kimmo, un membre de sa famille élargie, soupçonné par la police d'avoir étranglé sa fiancée Armi. Elle va se heurter à l'un de ses anciens condisciples de l'école de police, le commissaire Pertsa Ström, et remonter vers le suicide étrange de la soeur de Kimmo.

Le principal intérêt de La Poisse réside dans la personnalité de son héroïne. Maria Kallio est une femme de trente ans qui ne relègue pas à l'arrière-plan de son enquête les problèmes nés de son âge et de sa condition. Femme amoureuse mais paniquée par l'engagement plus profond qui semble se profiler pour elle, sensible au désir d'autrui - celui vicieux de certains hommes qui la met hors d'elle, celui troublant d'Ange, l'animatrice bisexuelle du club SM de la ville - elle se laisse volontiers déborder par son imagination, sa rage, sa jalousie, sa violence physique même. Trop proche des victimes (ce qui était déjà le cas dans le premier roman de Leena Lehtolainen Mon premier meurtre) et du suspect, Maria Kallio est parcourue d'émotions contradictoires qui soufflent leurs vents sur toute l'histoire alors qu'elle progresse sans vraie méthode dans ces sombres histoires familiales.

Boursouflée de doute sur tout et toute chose, sur ce qu'elle découvre au cours de son enquête, sur ce qu'elle désire pour sa propre vie, sur la réalité de son amour pour Antti, elle ne semble trouver un point d'équilibre et de calme que lorsque elle entrevoit la vérité, à la toute fin du roman. L'agitation cesse alors pour une confrontation à froid avec l'assassin, insoupçonné jusque là.

Le style d'écriture en œuvre dans La Poisse peut tout à fait séduire ou parfaitement irriter. Pour ma part, je me suis très vite lassé de ce bavardage incessant de l'héroïne sur elle-même, qui écrase les perspectives et satellise le reste des personnages autour d'une Maria finalement très ennuyeuse.

Chroniqué par Philippe Cottet le 23/10/2007



Musique écoutée pendant l'élaboration de cette note : PJ Harvey, White Chalk (2007)