Bleu Pékin

B
Michel Imbert

Bleu Pékin

France (2006) – L'Aube (2006)


Parce que l'on a retrouvé son nom griffonné sur un bout de papier à côté d'un cadavre, au cœur de l'institution militaire la plus secrète de la République populaire, le juge Li est de nouveau projeté dans une bataille entre hiérarques et factions rivales du Parti.

C'est sur un doute quant à la suite de l'œuvre que je terminais ma note consacrée au précédent roman de Mi/Imbert. Bleu Pékin a rapidement répondu à mon interrogation.

C'est un petit livre, tant en nombre de pages qu'en intérêt. Quelques lieux symboliques pouvant être décrits de façon abstraite, terne et neutre servent de décors et remplacent la vie urbaine qui donnait un certain cachet aux deux épisodes précédents. L'intrigue est faible, étouffée par une infinité de déplacements imposés aux protagonistes, qui tiennent lieu d'action et renforcent le sentiment d'un roman fait sur plan. Quant aux personnages, qui semblent tous parler par dictons, métaphores ou slogans révolutionnaires, ils sont traités de façon superficielle et donc très loin de leur consistance d'origine.

En ce qui concerne le fond - les manœuvres d'une faction contre une autre au sein de l'appareil communiste – situation assez semblable à celle de Jaune camion –, la fiction sera toujours inférieure à la réalité. Si le sujet vous intéresse et plutôt qu'un médiocre Bleu Pékin, je vous conseille la lecture de Simon Leys (textes réunis dans Essais sur la Chine chez Robert Laffont) qui eut le mérite de voir et dénoncer en direct la réalité de la Révolution culturelle, du pouvoir maoïste, post-maoïste et de ses luttes internes et fut villipendé pour cela par pratiquement toute l'intelligentsia de ce pays. Cela se lit comme un roman, nous apprend bien des choses aussi et évite surtout, comme ici, de gauchir l'histoire en rendant sympathiques - même par défaut - Deng et sa clique...

Chroniqué par Philippe Cottet le 18/02/2008



Illustrations de cette page : Hua Guofeng