Folie furieuse

F
Lee Child

Folie furieuse

Royaume-Uni (2005) – Fleuve noir (2006)


Un homme tire sur la foule dans une ville de l'Indiana et fait cinq morts. Après une enquête de police de quelques heures, James Barr, un ancien soldat est arrêté et tous les indices matériels indiquent qu'il est le tireur. Avant de s'enfermer dans un mutisme total, il déclare à son avocat « Ce n'est pas moi ». Ah oui, il demande aussi que l'on trouve Jack Reacher...

Cette nouvelle aventure de Jack Reacher, l'invincible géant échappé de l'armée amerlocaine qui parcourt les routes du pays armé de sa seule brosse à dents, ne bouleverse évidemment pas le genre policier, mais elle est tout fait acceptable pour les quelques heures que dure sa lecture.

Dans Folie furieuse, Lee Child prend le parti de nous surprendre. Jack Reacher, informé de la fusillade par la télévision, abandonne l'ivresse de nuits floridiennes et agitées avec une jolie Norvégienne pour se mettre de lui-même en mouvement vers le Middle West. Contrairement à ce que pense Helen Rodin, l'avocate du tireur, la présence de Reacher n'est pas un cadeau pour la défense, car l'ancien major n'est là que pour s'assurer que James Barr sera bien condamné pour son geste ! Après avoir pris connaissance du dossier de l'accusation, il est rassuré : Barr est bon pour le couloir de la mort alors qu'il y avait échappé, quinze ans plus tôt, l'unique fois où s'étaient rencontrés les deux hommes.

Avoir Reacher contre soi, c'est agréable lorsqu’on est une jolie Norvégienne, sinon c'est souvent l'assurance de se prendre un pain sans raison. La jeune avocate et la sœur de Barr insistent et réussissent quand même à semer le doute en lui, jouant sur sa sensible corde perfectionniste. À contrecœur, l'ancien policier militaire commence à relever des anomalies, très étonné surtout de l'abondance et de la qualité des preuves réunies par le flic local. Quand une bande de loubards (certains ne doutent de rien !) tente de lui rectifier le portrait dans un bar, Reacher comprend qu'il gêne quelqu'un et que la culpabilité de Barr n'est peut-être pas si évidente. Ouf ! Jack is back !

Nous retrouvons dès lors le style tout en force féline et intelligence surhumaine de Reacher, démontant le complot et remettant en marche la machine à botter les fesses des corrupteurs et des corrompus. La scène finale de Folie furieuse où, armé d'un simple couteau (à dépecer le gros gibier quand même) il dispose de cinq tueurs féroces dans un camp retranché quasi imprenable est tout simplement... reacherienne. Après une semaine de dur labeur et la lecture d'un éprouvant thriller psychologique, Folie furieuse est une détente facile et à bon compte dont je ne rougis même pas.

Chroniqué par Philippe Cottet le 08/01/2011



Illustration de cette page : Humvee

Musique écoutée pendant l'élaboration de cette note : In a Gadda davida d'Iron Butterfly (1968)