Le policier qui rit

L
Maj Sjöwall & Per Wahlöö

Le policier qui rit

Suède (1968) – Planète - 10/18 - Rivages (1970)


Traduit de l’anglais par Michel Deutsch

Un homme vide sa mitraillette sur les passagers du dernier bus de la ligne 47, tuant huit personnes et en blessant grièvement une neuvième. Parmi les victimes, l'inspecteur Ake Senstrom, jeune collaborateur de Martin Beck, dont la présence à bord du bus est totalement inexpliquable professionnelement parlant. Attendant une éventuelle sortie du coma du survivant, le groupe d'enquête élargi à Mansson et Nordin s'engage à vérifier le passé de chacune des victimes, découvrant au passage des turpitudes du modèle suédois soigneusement cachées. Mais c'est le pourquoi de la présence de Senstrom dans le bus qui va intéresser le plus Beck et Kollberg et c'est près de la charmante Asa Torell, fiancé de l'inspecteur assassiné qu'ils vont commencer à entrevoir un début de réponse.

La mobilisation exceptionnelle due à la mort de Senstrom fait que le roman nous montre pour la seule fois du cycle tous les protagonistes travaillant ensemble dans un même but mais sans vraiment oublier leurs divergences et leurs inimitiés.

Sjöwall et Wahlöö vont pouvoir approfondir les portraits des enquêteurs parfois seulement effleurés dans les épisodes précédents et la place très singulière que chacun tient finalement au sein de l'équipe. Dans l'incertitude de cette enquête qui semble piétiner, chacun va se saisir d'un morceau selon son propre tempérament (l'obstination tétue de Rönn venant à bout du message incompréhensible du survivant, la mémoire phénoménale de Melander retraçant l'une des victimes, etc.) et sa propre façon d'envisager son métier. Tous ces efforts convergeront enfin dans le schéma final d'explication et l'arrestation du coupable.

Chroniqué par Philippe Cottet le 01/10/2006