L'homme qui partit en fumée

L
Maj Sjöwall & Per Wahlöö

L'homme qui partit en fumée

Suède (1966) – Planète - 10/18 - Rivages (1971)


Traduit de l’anglais par Michel Deutsch

Suite à la disparition du journaliste Alf Matsson à Budapest, Martin Beck interrompt ses vacances dans les îles pour partir à sa recherche. Après une enquête auprès des relations du disparu dans la torpeur estivale de Stockholm, il gagne les rives du Danube sans l'ombre d'une piste. Avec patience et abnégation, aidé par ses collaborateurs à Stockholm et par la police locale, il percera le mystère des nombreux déplacements de Matsson au delà le Rideau de fer. Mais c'est de retour en Suède qu'il apprendra qui était véritablement le disparu et quels furent ces derniers moments.

L'enquête paraîtra à beaucoup assez peu intéressante, mais c'est dans ce roman que s'amorce réellement la critique sociale qui dominera tout le cycle.

Un portrait finalement peu flatteur nous est fait des connivences entre la presse et le pouvoir politique, Beck formulant également certains doutes sur la qualité et les compétences d'autres services gouvernementaux. Il le fait avec cette nonchalance presque résignée, avec cette lenteur pesante qui le fait tant ressembler au héros de Simenon. Et là où le rédacteur en chef d'un grand journal voit la disparition énigmatique d'un spécialiste des questions de l'Europe de l'Est, Beck trouve rapidement celle d'un médiocre journaliste mais vraie crapule, comme s'il suffisait de gratter légèrement la surface des choses pour voir de quoi elles sont faites.

Ce sera, effectivement, le programme de ce Roman d'un crime.

Chroniqué par Philippe Cottet le 01/10/2006



Illustration de cette page : Le parlement à Budapest