Mort d'une garce

M
Colin Dexter

Mort d'une garce

Royaume-Uni (1989) – 10/18 (1994)

Titre original : The Wench Is Dead
Traduction de François Mazin

Coincé au John Radcliffe Hospital, où ses différents excès et un ulcère à l'estomac l'ont entraîné, Morse reçoit la visite de son fidèle Lewis qui lui donne, dans l'ordre : une bouteille de sirop d'orgeat, un livre historico/statistique portant sur les crimes dans l'Oxfordshire au XIX° siècle, un roman érotique et, in fine et en catimini, une flasque de whisky.

Cet inventaire va être complété par une plaquette à compte d'auteur qu'une vieille veuve de colonel lui remet, presque dans un rêve. Très vite déçu par le roman érotique, Morse va bientôt se passionner pour cette plaquette narrant une mort étrange survenue, plus d'un siècle auparavant, sur le canal d'Oxford à Londres. Peu satisfait des conclusions de l'auteur, il entreprend alors de chercher la vérité, aidé en cela par la charmante fille de son voisin de chambre, bibliothécaire à la Bodléienne.

florence nightingaleCe livre me fait penser à la fois à Roseanna de Sjöwall et Mahlöö (pour les circonstances - la mort sur un canal d'une femme jugée de mauvaise vie - et l'étrangeté du lien unissant l'enquêteur et la victime) et à Les meurtres de la Tamise [1], l'enquête historico-policière de P.D. James qui avait réellement interrogé des documents du XIX° siècle pour démêler ce qui était resté jusqu'alors une énigme.

Mort d'une garce est le récit le plus court de la série et il est bardé de récompenses, toutes méritées. Alors que son corps est au repos forcé, l'esprit presque sobre de Morse analyse méthodiquement tous les points posant problème dans le récit fait par le colonel, puis reconstitue - au delà de cet unique témoignage - ce qui s'est réellement passé ce jour-là. Contrairement à ses autres enquêtes, Morse n'est pas soumis aux bruits extérieurs (qui lui font d'ordinaire chevaucher les hypothèses les plus folles) ni à l'atroce exigence des preuves...

Comme toujours, l'écriture de Dexter est un vrai régal d'intelligence, de légèreté et d'humour. Comme toujours, Morse trouvera la solution, qu'un rapide pèlerinage en Irlande lui permettra de confirmer.

Chroniqué par Philippe Cottet le 01/09/2006



Notes :

[1] P.D. James Les meurtres de la Tamise (1970) au Livre de Poche.